La démarche Dialogue©

La méthode « Dialog », élaborée dans les années 1980 à l’initiative de Philippe Châtel, n’a cessé de se développer sous l’impulsion de son auteur.

Au fil d’une évolution progressive, nourrie à la fois d’expériences de terrain et de différentes approches (en particulier, les travaux de Paolo Freire, la pédagogie Freinet, la méthode Ramain, le travail avec Alain Moal…)1, « Dialog » a cédé sa place à la « Démarche Dialogue » et propose aujourd’hui une voie performante de lutte contre de nombreuses formes de marginalisation touchant différents publics : scolaires, adolescents en formation professionnelle, adultes en situation d’illettrisme ou analphabètes, personnes en situation de handicap…

Dialogue est une démarche pédagogique de groupe, ouverte et interactive. Elle sollicite tout particulièrement les capacités d’expression et la créativité du sujet, en interactivité avec le groupe. Cela suppose une prise en compte globale de la personne par une mobilisation de l’ensemble de ses facultés. Dans ce contexte, les apprentissages et la conquête de l’autonomie sont indissociables.

Son principe est de proposer aux participants de vivre des « situations-défis » permettant à chaque personne d’en tirer le maximum de bénéfice. L’animateur conçoit ses séances en créant des supports pédagogiques adaptés au groupe. À partir d’une même situation, il pourra, si nécessaire, proposer des supports individualisés. Dans le cadre d’une relation duale (un apprenant / un accompagnant) l’absence du groupe se fera sentir, mais un choix judicieux des situations les plus adaptées permettra de mieux répondre aux besoins spécifiques de l’apprenant.

La démarche repose sur une ossature de près de 200 situations qui peuvent être déclinées selon les publics et les animateurs. Ces situations sont autant d’occasions pour remobiliser et développer les capacités intellectuelles et les savoir-faire des participants :

  • Compétences sociales et relationnelles: savoir écouter et comprendre les autres, savoir s’exprimer devant le groupe, se faire comprendre à l’oral ou à l’écrit, bâtir une argumentation cohérente. Par cette démarche, on amène les personnes à mieux maîtriser l’expression orale et écrite en vivant la langue, en la sentant et en l’utilisant comme nous le faisons tous les jours. Selon les moments, le support écrit est plus ou moins étoffé et c’est l’oral qui va l’enrichir et lui donner vie.
  • Autres compétences transversales essentielles à l’autonomie des personnes dans la vie quotidienne et professionnelle : confiance en ses ressources propres, attention, mémorisation, différentes formes de raisonnement, prise de décision, repérage spatio-temporel…
  • De nombreuses situations, et leurs suites possibles, permettent également de renouer en douceur avec les fondamentaux scolaires : lecture, écriture, calcul…

Au cours d’une journée de formation, les situations sont choisies de façon à être suffisamment variées, tant dans leur contenu que dans leur forme : oral / écrit ; groupe / sous-groupe / individuel ; debout / assis ; travail corporel / travail de motricité fine ; durée variant de 5 minutes à plus d’une heure… Cette variété est essentielle pour capter l’attention du groupe et pour que chacun puisse en bénéficier en alternant les moments de recherche, de réussite et de difficulté.

La progression proposée ne va pas du plus facile au plus difficile, elle suit un cheminement analogue à celui de la vie courante où nous passons sans cesse de situations simples à des situations complexes, d’un simple mot à un texte ou à un discours élaboré. Il s’agit donc d’une progression « en dents de scie », qui permet d’assurer les acquisitions en les revisitant régulièrement et, par la même occasion, de stimuler les participants.

La priorité est donnée au processus mis en œuvre plutôt qu’au résultat, les erreurs sont accueillies positivement pour faire progresser l’ensemble du groupe vers une plus grande cohérence. Les situations proposées sont ouvertes, et appellent des réponses qui sont source de diversité et sollicitent l’intelligence collective.

La démarche Dialogue permet donc de travailler sur les compétences transversales et les savoirs de base dans toute leur subtilité et leur diversité, enrichis à la fois par l’individu et le groupe. Elle aide chacun à évoluer, à oser prendre la parole sans peur du regard ou du jugement de l’autre. Les résultats sont durables et ouvrent la voie d’un développement continu de l’individu et de son potentiel professionnel.

Quels publics peuvent être accompagnés par la démarche Dialogue ?

ADULTES

  • En formation pour accéder à une qualification, à un concours…
  • Souhaitant améliorer leur communication orale et écrite
  • En situation d’illettrisme ou d’analphabétisme

ADOLESCENTS

  • En formation professionnelle (CFA…)
  • Faisant face à des problèmes d’insertion

PUBLICS SCOLAIRES

  • En cours d’apprentissage des savoirs de base
  • Ayant besoin d’un soutien spécifique : vocabulaire, syntaxe, expression orale ou écrite, lecture, mathématiques, spatialisation…

TOUTE PERSONNE

  • Maîtrisant difficilement l’expression orale ou écrite (dyslexie, dysorthographie…)

Qui peut être intéressé par la formation à la démarche DIALOGUE ?

Tout professionnel ou bénévole concerné par l’accompagnement pédagogique, éducatif ou médico-social des personnes en difficulté par rapport aux apprentissages :

  • Enseignants, formateurs, éducateurs, animateurs, moniteurs, référents médico-sociaux…

Plus de 600 formateurs ont suivi la formation à Dialogue depuis les années 1990 en France, en Espagne ou en Suisse.

ARFOP diffuse Dialogue en collaboration avec Philippe Châtel (http://www.demarche-dialogue.org/wp/)


(1) Paolo Freire – L’éducation : pratique de la liberté – Cerf (1973) ; Pierre Clanché – La pédagogie Freinet. Mises à jour et perspectives – Presses Universitaires de Bordeaux (1999) ; Alain Moal – Maitre de conférences en psychologie, Université René Descartes, Paris.